Liqueur de rancoeur.

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FEAT : AFURO TERUMI Ϟ INAZUMA ELEVEN.
METIER : SALTIMBANQUE Ϟ FUNAMBULE.
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«J’ai bu l’alcool de tes paroles jusqu’à l’ivresse. Mais mon cœur au frontispice de mon être, attendant l’heure propice, souffre encore de la sécheresse du paraitre. »


Tu t’entête à la vie. Sans raison. Quand comprendras-tu enfin ? La mort n’est pas une punition. C’est l’ultime récompense. Le remède aux souffrances de cette vie sans but. Elle sera l’âtre réconfortant de nos retrouvailles. Aussi sombres te paraissent ces abysses, il faut savoir regarder au-delà des préjugés et des apparences. Elle est à notre image. Incomprise. Crainte. Fantasmée. Un jour viendra où la vérité t’apparaitra. Et ce jour-là, il sera l’heure. Pour toi. Pour moi. Main dans la main, il faudra les laisser. Tous autant qu’ils sont. Ni pires ni meilleurs que nous ne l’avons été.

₪۩۞۩₪

Petit à petit, une fine couverture de brume blanchâtre s’était déposée sur l’eau calme des canaux. Le soir était bel et bien tombé sur Venise. Les vénitiens, insectes insignifiants de cette fourmilière flottante, se pressaient de toutes parts. La tour de l’horloge, hautaine et cruelle, savait imposer le diktat du temps à chaque habitant, les entrainant irrémédiablement dans cette course folle sans arrivée ni vainqueur. Mais ce qui a passé ne revient pas : la vitesse n’a eu, n’a et n’aura jamais d’emprise sur l’aiguille. Pourtant, tous se bornaient à la précipitation. Les raisons étaient diverses. Ou peut-être très similaires. Il y avait les repas en famille ou entre amis. Les retrouvailles avec ses enfants ou avec l’être aimé. Parfois les deux pour un tableau complet du bonheur. Pour d’autres, il y avait la solitude tantôt pesante, tantôt réconfortante de son propre logis. En somme, une raison de rentrer. Un endroit où aller. Ce genre de lieux, Tybalt en avait bien des centaines. Seulement rien ni personne ne l’y attendrait réellement. C’était là le drame de toute une vie : il n’existait aucun remède au mal de l’existence.

À contre-courant du temps et des gens, le saltimbanque avançait avec prudence, se confondant avec les ombres inquiétantes des ruelles sinueuses. La carte du voleur était dans son élément naturel. Bientôt il pourrait abattre son atout sur la table. Et rafler la mise sans gêne ni remord. Il fallait qu’il sache. Pour équilibrer cette balance de terreur et de chantage, il fallait qu’il découvre la vilaine vérité dissimulée derrière ces grotesques lunettes de vue. Sans se soucier de ce qui pourrait l’attendre au bout, Tybalt avait plongé la tête la première, suivant Zayn dans les entrailles les plus inquiétantes de cette Venise à double tranchant. Il avait foulé les même pavés, traversé les même rues animés, bifurqué dans les même chemins tortueux. Pas une seule fois il ne l’avait quitté des yeux. Sa détermination était sans faille. Ses agissements méthodiques. Sa rancœur aussi froide et tranchante que le fil du rasoir.

Sa démarche était souple et le bruit de ses pas extrêmement léger. Ce n’était pas la première fois qu’il faisait ce genre de chose. Suivre. Espionner. Il en avait pris l’habitude au cours de ses dernières années. Pourtant il fut surpris par le lieu de destination pour le moins banal. Ce bar tout le monde à Venise le connaissait. Le jeune homme le savait mieux que quiconque, il ne s’y passait jamais rien. C’était un ramassis de soulards et de traîne-patins. Un lieu de désolation où la plus grande estime revenait à celui qui était capable de parler plus fort que son voisin. Et les habitués osaient caractériser cette ambiance de « bon enfant ». Il détestait cette expression autant que le lieu lui-même.

Tybalt laissa tout d’abord sa proie entrer dans la cage et le suivit quelques secondes plus tard, retenant du pied la porte sur le point de se refermer. L’étau se resserrait.

Comme prévu, le bar était loin d’être vide. Fut-il à peine rentré, qu’il se sentit assaillit de toutes parts. À l’intérieur le bruit sourd de conversations futiles, l’odeur âcre du tabac froid et de l’alcool bon marché. D’un certain point de vue, cette scène était réconfortante. Finalement, il était loin d’être la seule âme esseulée de cette ville. Pourtant la déconvenue pointa vite le bout de son nez. Zayn avait disparu. Happé par cet amas d’ivrognes en quête de distractions. Encapuchonné dans son manteau, le visage toujours dissimulé, Tybalt s’accouda au comptoir. Regardant discrètement de ci-delà, il cherchait dans la foule le visage familier de son empêcheur de tourner en rond. Mais il n’eut aucune révélation. Tel est pris qui croyait prendre. Il fallait se rendre à l'évidence: il avait perdu. Dépité, le vaincu héla le premier serveur venu.
    ■■■ « Un whisky sec. Surtout pas de glaçons.»

Ou avait-il pu passer ? Cette question le torturait. Personne ne pouvait disparaitre de cette manière. Laissé sans réponse définitive, même l’alcool ne semblait être d’aucun secours. Pour ne laisser aucune trace, il fallait s’y connaitre. Tout cela était stupide. Il n’avait même pas envie de boire.

« De mes blessures sourdes, je ne guérirai pas. À ta porte lourde, j’ai compté mes pas. Et des larmes plein les mains, l’éclat de ma voix s’effacera à la venue du matin. »
Ce post a été écrit dans le sujet « Liqueur de rancoeur. » le Mer 31 Oct - 17:41.


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FEAT : Fushimi Saruhiko ~ K-Project
METIER : Rentier & tueur à gages
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Les mensonges. Ils peuvent être aussi bien innocents que dangereux. Par la force des mots, ils font parfois du mal. Par la force de la volonté, ils peuvent se changer en une vérité. Cependant, il est des situations où peser le pour et le contre ne suffit pas. Des situations où le mensonge devient une obligation, une couverture. L'héritier des Van Sydow ne le savait que trop bien. Sa vie se résumait à cela. Au mensonge. Il vivait en sa compagnie comme s'il s'agissait d'un camarade de chambre et jamais il ne s'en plaignait. Parce qu'il aimait ça. Mentir, c'était là ce qu'il faisait à longueur de temps, sans arrêt. "Il ment comme il respire." On ne pouvait pas mieux le dire. Mais selon Zayn, tout le monde était dans ce même cas. Sans s'en rendre compte, tout le monde mentait constamment, et très probablement tous les jours. Quand deux personnes venaient à se rencontrer, une question revenait souvent sur les lèvres. La question qui battait sûrement les records en termes de réponses mensongères. La question à laquelle l'on répondait le plus souvent par "Je vais bien." Foutaises.

Ce petit sourire étendu sur son visage. Ça aussi, c'était faux. Il souriait, mais au plus profond de son être, les marques de la douleur et de la Mort s'y étaient implantées. Et s'il cachait ses cicatrices, ce n'était pas pour épargner son entourage. Elles étaient gravées en lui, à tel point que sa personnalité en avait été touchée. Du petit garçon innocent, il passa au jeune homme sadique et sans scrupule. Qui pouvait bien déceler un tel visage derrière celui qu'il arborait hier et aujourd'hui encore ? Derrière ce sourire qui se moquait de ce gamin qu'il avait rencontré l'autre jour, après avoir surpris sa fraude et qui l'avait suivi jusqu'au bar. Quel était son nom déjà ? Ah oui, Tybalt. Malgré la discrétion dont il avait fait preuve, ses efforts n'avaient pas été suffisant, si ce n'est vain. Il y avait belles lurettes que le tueur à gages l'avait percé à jour... Encore une fois. Petit joueur.

C'était une belle nuit qui s'annonçait. Zayn s'autorisa un énième sourire. Si ce gamin voulait jouer, alors son vœu allait être exaucé. Il n'était pas dit qu'il en sortirait vainqueur cependant et c'était justement le but recherché. Après être entré dans le bar, Zayn se faufila à travers la foule et se fondit dans le décor. Scrutant le comptoir, il aperçut Tybalt s'y attabler après avoir furtivement regardé à droite et à gauche. Pauvre petite chose. Sa capuche ne lui servait plus à rien maintenant qu'il avait été découvert, il n'était décidément pas doué. D'où pouvait bien sortir cet énergumène ?

Le brouhaha colporté par la clientèle n'en finissait pas. Mais à travers tous ces gens, une table retint l'attention du jeune homme. Une table où étaient assis cinq hommes en compagnie d'une femme. Celui qui se tenait à sa droite passa son bras autour de ses épaules et lui échangea quelques baisers, avant qu'elle ne se redresse finalement pour se diriger vers le comptoir sur lequel elle s'accouda... Non loin de ce môme infortuné. Sa commande en main, elle s'apprêta à repartir alors qu'un passant la bouscula. Et ce fut Tybalt qui en fit les frais, avec un café brûlant répandu sur ses jambes. La demoiselle hua l'impudent avant de s'excuser auprès du gamin. Confuse, elle attrapa une serviette en papier pour tenter de rattraper les dégâts. Parfait. C'était parfait. Zayn patienta quelques instants avant de s'avancer vers la petite bande confortablement installée et aborda le Casanova en herbes d'une main sur l'épaule.

-Pardonnez-moi mon cher, mais il semblerait que le petit malin à capuche au comptoir ait causé quelques soucis à votre petite amie.
-Mais qu'est-ce que... ? Hé toi ! Qu'est-ce que tu crois faire là, hein ?! T'approches pas d'elle, t'entends ? cria-t-il tout en allant à la rencontre du pauvre petit Tybalt.

Pendant ce temps, Zayn se retira de nouveau et s'adossa à un mur, vers le fond du bar. Il n'avait plus qu'à savourer et constater de quelle manière ce cher Tybalt allait s'en tirer, au milieu de cette place publique. Le jeu était lancé. Et ce n'était que le début.
Ce post a été écrit dans le sujet « Re: Liqueur de rancoeur. » le Dim 4 Nov - 0:47.



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Liqueur de rancoeur.


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