Douce balade.

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METIER : Etudiante.
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    We hit the sky, there goes the light
    No more sun why's it always night
When you can't sleep well you can't dream. When you can't dream well what's life mean?

Passant fébrilement son écharpe autour du cou, Adeulys se fixait dans le miroir de sa chambre. Ses tremblements frénétiques l’agaçaient, elle était fatiguée. Elle voulait se lover sous ses draps de toile, enfoncer son crâne martelé par les migraines dans son doux oreiller et se laisser emporter au pays des songes. Toutefois, l’heure tournait aux aiguilles de sa montre, et son rendez-vous approchait. Un sourire se dessina aux coins de ses lèvres, mi-heureux et mi-désespéré. Des blessures de plus à son long parcours, des espoirs éparpillés à ses rêves fleur bleue. Elle revoyait déjà les longs cheveux blonds de son amour complexe, son sourire dont lui seul avait le secret, et ses yeux auxquels elle aspirait depuis la veille. La simple idée de voir Tybalt lui plaisait, mais l’effrayait. Elle ne voulait pas souffrir à nouveau, souffrir de cet amour volage auxquels tous deux jouaient avec le feu.

Une lourde inspiration, et elle franchit le seuil de sa porte. Les pensées occupées par son traitement, par son psy, par son rendez-vous, par ses idées noires, Adeulys eut le réflexe de tirer sur ses manches pour cacher ses lacérations. Son regard fuyant, elle marchait à côté des passants sans oser lever la tête. Prise d’un vertige, elle s’accouda au mur en esquivant les petits enfants déambulant dans les quartiers, et les marchants gais et vivants. L’air était froid, des nuages de vapeur s’échappaient délicatement de ses lèvres gercées, alors qu’elle avançait vers sa destination. Elle se demandait vaguement ce qui la poussait à marcher, bien qu’elle aille au devant de douleur et de fatigue. L’amour était une chose très étrange, et la jeune adulte était bien la plus mal placée pour le comprendre.

Ses yeux océans se confondirent avec le reflet de l’eau qui naissait dans ses pupilles. Le regard rivé sur les canaux, elle observait les gondoles autour d’elle. Elle voyait les amoureux, les couples malheureux, les amis complices, et vaguement, elle aspirait à une sérénité similaire. Sans s’en rendre compte, son dos toucha le mur de pierre froid. Au fur et à mesure qu’elle observait, elle semblait disparaître dans l’ombre, tel un fantôme errant sans but. Sa montre répétait le bruit désagréable : « Tic, tac. Tic, tac. » Le cœur d’Adeulys s’habitua à ce rythme insipide.

Elle était en avance. Ou peut-être Tybalt était en retard. La réflexion lui passa au dessus, comme un oiseau que tu regardes voler sans plus d’intérêt. Sa tête se vidait, au fur et à mesure. Elle s’appuya sur une jambe, puis sur l’autre. Elle chantonna un air qu’elle avait entendu ce matin à la radio. Les gondoles défilaient, elle restait là. Certains la regardaient, d’autres ne la voyaient pas. Adeulys était seule. Atrocement seule. BANG. Son cœur s’affola, elle fit une crise d’angoisse. Le mot « seul » était le pire élément déclencheur. Elle cessa de respirer, son visage pâle prit une teinte violâtre. Elle tomba genoux à terre, une main à son cou, et l’autre à sa poitrine. Elle serra les dents, essayant de retrouver son souffle. Bang. Bang. Bang. Elle avait l’impression qu’on lui écrasait le cœur de l’intérieur, et elle ne pouvait rien y faire. Sa vue devint trouble, elle suffoquait. Pas même les bruits de pas se dirigeant vers elle ne la firent réagir.

Elle n’espérait qu’une chose : que la prière qu’elle murmura d’une voix fébrile fut entendue par quelqu’un :
    « A l’aide.. »


Ecriture : #648
Ce post a été écrit dans le sujet « Douce balade. » le Jeu 1 Nov - 17:40.


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« Et plus le temps nous fait cortège. Et plus le temps nous fait tourment. Quand sonne l’heure des jours anciens, je pleure sur les amants. »


Notre amour, ils n’auraient jamais pu le comprendre. Il était au-delà des mots, des gestes, des attentions, des preuves, des limites. Pour ces autres, ignorants et cruels, il était interdit et malsain. Il nous a déchirés, consumés, dépassés. Nous ne pouvions ni l’expliquer ni le contrôler. Mais à présent qu’en reste-t-il ? Néant. J’ai pensé à tort que l’amour était infini. Mais il y avait les frontières infranchissables de mon corps et de ton cœur. Enfants du malheur et de la tristesse, nous n’étions pas faits pour ce bonheur universel. Il a fallu créer le nôtre de toute pièce. Et pour ces quelques instants de joie coupable, il nous a détruits en retour. Ma chair à la terre s’est décomposée. Et ton âme n’y a pas résisté. Mon corps en cage. Ton cœur en prison. Si nous ne pouvions pas être heureux ensemble, personne à tes yeux ne pourrait l’être. Je m’en souviendrai toujours. De cette tendre promesse suspendue à tes lèvres. Ce jour-là, il pleuvait sur mon nom gravé dans la pierre.


₪۩۞۩₪

    ■■■ « Reste Tybalt, je t’en prie… »

Au moment où il s’était relevé, la jeune héritière avait agrippé sa manche dans un ultime geste désespéré. Ces suppliques. Ces minauderies. Cette moue forcée. Ce regard larmoyant. Tout était d’un banal ennui. Cette scène, il l’avait déjà vu jouer des centaines de fois. Peut-être plus. Les femmes manquaient décidément d’inventivité. Elles qui se prétendaient pourtant plus fourbes que n’importe quel homme. Elles le décevaient sans exception, les unes après les autres. Sans doute avait-il étudié de trop près la psychologie féminine pour pouvoir encore être étonné. Tout cela peinait à l’atteindre à nouveau. Le goût des sentiments il l’avait perdu. Sur sa langue, seule subsistait la douce amertume de la trahison. Et dans sa poitrine, il n’y avait plus que les paisibles battements d’une prison de glace.

Pendant quelques secondes le temps s’était suspendu. Tybalt avait fixé avec attention la main de sa maîtresse. Agacé par ce geste, il s’était libéré de son emprise d’un mouvement bref et sec, avant d’attraper en douceur son visage de poupée à l’aide de sa main gauche. À quelques centimètres de ses fines lèvres, il eut un rictus moqueur.
    ■■■ « Ne fais pas l’enfant, tu veux ? De toute façon, je crois que tu as assez joué pour aujourd’hui », lui murmura-t-il en relâchant sa pression petit à petit.

Le contact fut définitivement rompu un instant plus tard, lorsque Tybalt ôta rapidement son visage, loin de celui de sa jeune compagne. Les joues rosies, elle le regarda partir sans un mot, encore chamboulée de cette rencontre si rapprochée. Il se retirait comme il était venu. Avec distinction et élégance.

Sans un regard pour son dernier rendez-vous galant, il franchit le seuil du salon de thé huppé, saluant au passage quelques clientes fraichement arrivées. En réponse, il eut le droit aux sourires charmeurs et aux habituels ronds de jambes, coutumes de cette haute société. Néanmoins, une fois le dos tourné, sa sortie s’accompagna d’une flopée de gloussements. Pathétique. Plus il y réfléchissait et plus la situation lui paraissait claire. Il n’aimait pas les femmes. Non pas qu’il eut pu aimer un homme. Non, loin de là. Seulement pour en avoir fait souffrir autant, il fallait qu’il se rende à l’évidence : il méprisait le genre féminin. Certes, il appréciait la conquête, le sentiment d’être désiré, la saveur de la victoire. Mais jamais il n’avait éprouvé de désir pour qui que ce soit. Sa condition frisait la pathologie. Et le pire, c’est qu’il n’y avait plus rien à faire. Tybalt s’était fait prendre à son propre jeu. Rien n’aurait pu stopper cet engrenage infernal. Pas même toute la meilleure volonté du monde. L’enfer était décidément pavé de bonnes intentions.

Sur ses vêtements imprégnés, le parfum de sa dernière conquête. Dans son cou blanc, une trace de lèvres rouges. Il portait les stigmates du parfait coupable. Même le vent hivernal soufflant avec force ne pouvait rien y faire. Il était marqué. À quoi bon cacher les preuves ? Tybalt en avait assez de fuir. De sa poche intérieure, il sortit une jolie montre à gousset, reliquat de son ancienne vie. Sur la face intérieure du couvercle, la photo de deux enfants qu’il ne prit pas la peine de regarder. Il ne la connaissait que trop bien. Aujourd’hui, le jeune homme ne voulait pas se remémorer. Seule l’heure lui importait. Sans surprise, il était déjà en retard. Pourtant, il ne chercha pas à accélérer le pas. Se presser ne faisait pas parti de ses habitudes. De plus, il le savait : elle serait là, à attendre. Elle attendait toujours.

Arrivé au lieu de rendez-vous, Tybalt eut un mouvement de recul et d’appréhension. Il se demanda même un instant, s’il n’était pas préférable de faire demi-tour en prétendant n’avoir rien vu. Pourtant plus il la regardait agenouillée sur les pavés sales de cette froide Venise, plus il avait pitié pour elle. Il se rappela la douceur de sa voix. La mélancolie de ses paroles. La sensation de ses boucles blondes sous ses doigts. Elle avait les mêmes cheveux. Sans qu’il s’en rende compte, il s’était mis à courir vers Adeulys. Si elle avait été son autre, il n’aurait pas hésité autant. Certes, elle n’en n’était qu’une pâle copie, mais à ses côtés, il se sentait déjà apaisé. Une fois près d’elle, il s’accroupit calmement à ses côté et posa la main sur sa tête. Ce geste n’avait rien d’amoureux, ni même d’amical. Étrangement, il se rapprochait d’avantage du paternalisme.
    ■■■« Je suis là…tout va bien», dit-il en caressant avec amabilité la chevelure de la jeune femme.

Il attendit qu’elle retrouve son souffle avant de se redresser. Elle semblait si frêle. Si fragile. Si démunie. Elle n’avait pas les épaules assez fortes pour supporter le poids de ce monde, il le savait. Et c’est ce qui la rendait si particulière à ses yeux. Debout, il lui offrit sa main pour l’aider à se relever.
    ■■■ « Si tu as fait ça pour que je te porte sur mon dos, c’est hors de question ! Allez, un peu de nerf, debout ! »

Son sourire était franc et réconfortant. Mais derrière le masque de la plaisanterie, il dissimulait un autre visage. Plus sombre. Plus inquiétant. Il était loin d’ignorer la vérité. Il ne savait pas exactement ce qui l’avait effrayé à l’instant. Mais cette aura d’angoisse, il ne la connaissait que trop bien. C’était là un de leur point commun. L’impuissance face à la réalité.

« Partout, elle me fait escorte. Elle est revenue, elle est là. La renifleuse des amours mortes. Elle m´a suivie, pas à pas. La garce, que le Diable l´emporte! Elle est revenue, elle est là. La Solitude. »
Ce post a été écrit dans le sujet « Re: Douce balade. » le Ven 2 Nov - 22:50.



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